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Le développement durable - par Olivier Rychner

De l’usage des mots dans une société en crise … Le D.D.


S’il est de nos jours deux mots galvaudés, ce sont bien « développement » & « durable » ! Assemblés, il semble qu’ils ouvrent désormais toutes les portes des bonnes consciences et des engagements écologico-bien pensants de part le monde. Il y a pourtant de fortes chances pour que tous ceux qui se targuent d’appliquer un concept de « développement durable » en soient éventuellement, en fait bien loin.

Qu’est-ce dans le fond que cette nouvelle conception du comportement humain que de vouloir justifier tous les actes du quotidien? Peut-être, une prise de conscience de multiples abus de tous genres ! Mais plus simplement en matière d’environnement, pour simplifier le propos et le limiter dans le temps, disons que c’est depuis le début de l’ère industrielle, soit en gros ces deux cents dernières années, que cette thématique a pu trouver ses origines et son expansion.

Dès le début du XIX siècle, heureux de découvrir les technologies offertes par l’application de nouvelles énergies, grâce à la découverte du moteur à vapeur, de l’électricité, sans oublier le pétrole, les portes du développement économique se sont ouvertes toutes grandes. On a fabriqué, construit, recherché, développé, échangé. Des horizons nouveaux se sont présentés grâce aux transports mécanisés, qui prennent rapidement une ampleur sans précédent. Bateaux et trains, voitures, véhicules utilitaires, machines de forage, outillages divers se perfectionnent à toute vitesse. L’ère industrielle est née est donne rapidement à l’occident, mais sans tarder aussi à d’autres régions du globes, un confort de vie révolutionnaire.
Mais, bien vite aussi, apparaissent des divisions encore plus marquées, entre travailleurs et dirigeants, entre ceux qui commandent et ceux qui exécutent. Certes ce n’était pas nouveau, les rapports de pouvoirs, l’esclavage et l’asservissement n’ont pas attendu l’arrivée de l’ère industrielle pour exister, mais le fossé s’est encore davantage creusé !

Des miroirs aux alouettes poussent les gens des campagnes à quitter une terre qui nourrit mal, mais où ils ont toujours survécus, pour devenir mineurs, gouvernantes, ouvriers sidérurgistes, petites mains, couturières, manœuvres sur les multiples chantiers qui naissent à travers l’Europe. Ils viennent contribuer à créer des lignes de chemins de fer, des ports, des canaux, agrandir et développer les villes sur tous les continents… La colonisation de l’Afrique et de l’Asie se développe et partant, l’exportation de moyens et méthodes riches en pollutions de tous ordres. Au sortir de tant de guerres de conquêtes on pouvait croire cette expansion technologique sans dangers pour l’être humain ! C’était évaluer rapidement les effets de cette révolution technologique. Ces hordes de gens des campagnes convergent vers les villes, certes sans contrainte, forment de nouvelles concentrations humaines génératrices par la force des choses de pollutions diverses. Ils voulaient avant tout améliorer leur condition de vie. Il était alors important de croire que la cité vous nourrira et vous apportera bonheur et prospérité! Que la désillusion fut grande. « Le ventre de Paris » d’Emile Zola décrit déjà ce monde ingrat et cruel de façon extraordinaire. Ceux qui mangent et qui profitent, ceux qui ne mangent pas, eux, ne profitent pas de grand-chose.

Ce développement techno-industriel est fulgurant. Dès l’instant ou l’on fait fi des dégâts causés, des smogs londoniens de Dickens, des poussières de crassiers, des eaux saumâtres, des coups de grisou au fond des puits et j’en passe, tout ça peut bien sembler magnifique. Pourtant on avance, le progrès est là, c’est de l’argent et du bonheur ! Oui, mais pas pour tous et pas partout. Ce sont aussi de nouvelles maladies, de multiples problèmes et d’autres misères sociales. Cet envers du décor n’est pas à oublier !
Mais plus encore, ce sont des pollutions terribles qui s’installent lentement sournoisement, dont on ne mesure pas encore les effets. D’ailleurs, qui connaît ce mot « la pollution » ? Elle arrive à toute vitesse dans les aires d’exploitation, les villes, les zones qui s’industrialisent, puis gagne les campagnes. A ce stade déjà, vouloir ou savoir, en prendre conscience, aurait été la base d’une notion de développement durable. Mais on avait d’autres soucis, d’autres attentes, d’autres objectifs dans nos champs de vision. Produire, consommer, développer … Mais surtout, on était dans l’ignorance de ces aspects du progrès.

Nous le savons maintenant, pour qu’il dure dans le temps le développement doit tout prendre en compte. Maîtriser le développement de A à Z. Au XIX ème siècle nous en ignorions les effets, au XX ème, avec un peu de bonne volonté nous aurions pu être plus vigilants, mais deux guerres mondiales, plus de nombreux conflits locaux, des périodes de hautes conjonctures, nous ont amené à occulter ces évidences. Aujourd’hui, au XXI ème, nous en connaissons désormais les effets, nous agissons, mais avec prudence, pour ne pas froisser les pollueurs, qui souvent sont puissants …

Le développement durable ce n’est pas chercher à tout prix à introduire l’usage de l’énergie solaire pour le chauffage de l’eau ou, rouler au biogaz, ou encore construire des maisons dites « minergie »…C’est savoir comment cela se passe du début à la fin d’un processus, de la création au terme de la chaîne de travail. C’est tout savoir tout connaître, être certain que tout est harmonieux et conforme à l’éthique du développement durable. Connaître précisément quelles sont les conditions de vie de l’ouvrier en usine, comment est produit le biogaz, quelles sont les conditions d’élevage du bétail, l’état de la ferme, le comportement du paysan, son mode et sa qualité de vie. Ou encore, et en exemple, quelle quantité d’énergie a été utilisée et quelles pollutions sont générées pour la fabrication de cellules photovoltaïques ou, celle consommée pour l’acheminement d’un produit fini… Ainsi de suite. C’est un tout, une vision globale. Pas fragmentaire, pas partielle, pas un concept simplement établi pour répondre à un label qui ne représente qu’une partie de la réalité. Comment voulez-vous vivre en conformité avec la notion de durabilité si les pollutions subies pour fabriquer, dans un pays lointain, une matière première ou un produit répondant à nos normes, rendront malade les ouvriers qui les fabriquent ! Peut-on ne pas se préoccuper de ce qui se passera trente, cinquante, cent ans après, quand sera venu le temps de se débarrasser de ces produits devenus hors d’usage. Que feront-ils, eux, nos enfants, de ce que nous aurons produit à grands renforts d’énergie et de pollutions ? « Mais nous y pensons » diront certains ! Sans doute, quelques uns y pensent, mais beaucoup se targuent de « développement durable », sans plus d’implications sur le fond et la forme. Se contentant de ne faire qu’une partie de la réflexion !

Alors cessons de nous gargariser de mots, simplement pour nous donner bonne conscience. Le développement durable ne peut pas exister dans l’état d’esprit actuel du village mondial qu’est devenue notre « bonne vieille terre » sans une participation complète, entière, sans concession, de chacun à tous les niveaux de la société! Oui, c’est beaucoup demander, mais c’est la seule façon de nous sauver, de sauver nos enfants, de sauver la Terre. Même si nous sommes parfaitement conscient qu’il est déjà bien tard. Si ce n’est trop tard ! Mais ça aussi est une réalité que nous refusons d’admettre. « Il est déjà trop tard » pour que l’application de la notion de développement durable nous sauve. En fait nous ne pouvons qu’attendre, mais ça ne tardera pas rassurez-vous, que notre planète recrache avec violence, les excédents de ce développement de la civilisation que nous n’avons pas pu et voulu maîtriser à temps! Que nos institutions cèdent sous le poids du profit à tous prix. Pourquoi avons-nous nommé ça « progrès de la civilisation ». Oh certes il y a certainement eu dans d’autres temps des « civilisations à progrès ». Ce que nous en avons retrouvé ne nous permet pas pour autant de considérer qu’elles étaient plus polluantes que la nôtre. Pourtant elles ont vraisemblablement bénéficié aussi d’un degré de confort parfaitement acceptable. Et pourtant elles n’ont malgré tout pas subsisté, elles ont-elles aussi eu leurs cycles. Il faut croire qu’il y avait dans leur organisation sociale, politique, économique des failles importantes.

C’est dans l’ordre des chose, et si ces civilisations n’ont pas été « parfaites », est-ce un raison pour nous de ne pas tendre vers une certaine perfection ? Nous le pourrions. Nous en avons les moyens, manque la volonté. Donc, il manque bien toujours quelque chose ! De la bonne volonté et de l’amour du prochain à tous les étages de la structure mondiale. Il y a eu des prises de conscience, des réunions, des forums, des traités, des engagements, des chartes … Mais ce n’est pas gagné pour autant. N’avons-nous pas eu à la tête d’un pays qui se dit, se veut, le plus puissant du monde, un président qui, quelques semaines avant la fin de son mandat, se permettait de nouvelles dénégations sur l’importance des pollutions créées par les industries de son pays ! Ou d’autres qui se ventent de favoriser la qualité et le perfectionnisme, être plein d’une bonne conscience de bon aloi, qui importent des produits qui engendrent de fortes pollutions à la production. Ce sont les mêmes qui, exportent leur excédants nucléaires chez d’autres ou les coulent aux fonds des océans. Est-ce un comportement « durable » ? Pourquoi, si ce n’est pour le simple profit, exploiter à grands renforts de pollutions chimiques colossales, de gaspillage d’énergie et d’eau, une région deux fois grande comme la Suisse au nord du Canada, simplement pour transformer du bitume naturel en fuel ? Cinq cents litres d’eau pour faire un baril de pétrole tiré de ce bitume, sans parler des produits chimiques nécessaires pour cette opération. N’est-on pas tombé dans l’absurde, alors que l’on sait qu’on peut fabriquer des moteurs qui fonctionneraient à l’eau !

Ce discours est stérile, car nous connaissons ces avatars depuis quelques décennies déjà, ce n’est que rabâcher des formules creuses. D’autres, très compétents l’évoquent à longueur de journée dans d’interminable séances sans suite.
Simplement, il est permis de joindre sa voix à eux, un instant, pour dire que ça suffit. Mais là aussi, le propos n’est pas durable, il reste éphémère, dès l’instant où, il n’apporte pas de solution!

Il est pourtant à souligner que certains ont pris des initiatives durables dans leurs actions. Ils ont trouvé des solutions. Ils ont établi une démarche complète et consciente, créé des produits dont on peut suivre à la trace le développement et la production. Des vêtements, des produits alimentaires, des matériaux de construction, voir des services, des soins de santé, des gammes complètes de médicaments naturels à l’efficacité prouvée et bien d’autres domaines encore … Tout dans ces démarches est connu et surveillé, de la gestation à l’élaboration, dans le présent, et même pour « l’après », est déjà envisagé dès la première étape! Alors, l’espoir demeure mais l’inquiétude face à la modestie de ces actions et à l’ampleur du problème, est tout de même de mise.

L’écobiologie offre une approche complète du développement durable, mais l’écobiologie n’est pas une science, en tous les cas pas une science exacte au sens ou le monde académique considère une science exacte ! L’écobiologie est une concordance de réflexions, un regroupement d’actions et de pensées qui touchent au corps – à l’habit – à l’habitat de l’homme. Qui cherche l’équilibre et l’harmonie entre les plans physiques - psychique - spirituels de l’individu !

Ah, vaste sujet de nos jours. Il y a de fortes chances pour que dans sa perfection, le processus évolutif appliqué dans la création de toute chose sur terre, aie conçu l’être humain sain, en bonne santé, adapté aux conditions de vie de son moment sur terre. Alors, pourquoi tant de maladies, d’épidémies de misères ? Vraisemblablement parce que cet Etre humain a eu, très tôt déjà, des comportements déviants, le non respect de règles élémentaires, des négligences, déjà de mauvaises attitudes face à l’environnement… Toutes ces « maladies » se sont perpétuées, modifiées aussi, certaines ont diminué, d’autres se sont développées selon les cas et les régions, les civilisations et les époques. « La maladie n’existe pas » disent certains, et pourtant elle est bien là. La misère aussi ne devrait pas exister. Pourtant ! Pourquoi nous obstinons-nous à maintenir dans la faim quotidienne trois cinquième des habitants de la planète, alors qu’on sait que l’on peut éviter ça ! Pourquoi l’eau manque-elle à certains ? Tant que des habitants de cette terre ont faim et soif, comment voulez-vous parler de développement durable. La vraie durabilité de l’action commencera là où finiront les misères évoquées. Avant, pas !

« Facile à dire » disent certains, c’est vide de sens diront d’autres. Peut-être, mais il ne faut pourtant pas oublier ceux qui luttent pour défendre une multitude de gens opprimés par différents groupes de pressions et de gouvernements et qui, parallèlement à une course au profit effrénée des plus favorisés, s’efforcent d’améliorer et rendre juste acceptable, la vie des oubliés. Ce sont les guerriers au front du combat pour un développement durable qui prendrait tout le monde en compte, qui n’oublierait personne. Car, oublier les uns pour favoriser le confort d’autres serait oublier un élément capital de l’ensemble, la valeur même de la Lumière.

Dans ces quelques lignes il n’est question que de l’environnement et de l’humain. L’ « Homme debout » dans son environnement sur la Terre qui l’accueil. Deux éléments qui devraient être au centre de toutes nos préoccupations, au centre du développement durable. Le D.D.

Que voilà un déballage lénifiant, déjà mainte fois entendu ! Oui, certainement. Pourtant, au lendemain de la plus colossale crise financière de tous les temps, dont on n’entrevoit pour l’instant qu’une petite partie des effets, il serait bon de penser à tout ça de façon durable. Il est inutile d’insuffler des milliards dans les systèmes malades, si c’est pour recommencer comme avant la promotion du profit, la production à tout va, la surchauffe du système. Apprenons, réapprenons vite, à vivre autrement, riches des découvertes faites au cours des deux cents dernières années, en les appliquant en prenant véritablement conscience qu’elles doivent désormais durer. Attachons nous tous à favoriser la Vie.
Cette crise est une occasion sans précédent de réagir. « Bénie soit la crise de l’Occident » vient d’écrire Bernard Montaud (Editions EDIT’AS), lisez ce livre merveilleux, encourageant et plein de sagesse. Un monde durable est là pour demain, à portée de la main ouverte qu’il suffit de tendre et du cœur qu’il ne faut lui aussi qu’ouvrir.

«Une pensée émise est une pensée qui circule». Je pose donc celle-ci dans l’éther et lui souhaite bonne chance.

Olivier Rychner
Nyon, solstice d’été 2009
Publié le 21/06/2009 @ 17:30  Prévisualiser  Imprimer l'article 
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